Les saventuriers, l'école de la recherche

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17 décembre 2019 | En classe, Recherche

Rencontre avec Anna Schmitt

Doctorante en neuroéducation, Anna Schmitt étudie le cerveau de sujets à haut potentiel pour mieux comprendre leur fonctionnement. Elle revient pour nous sur son parcours, son métier de chercheuse et son rôle de mentor.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours scolaire ?

Malgré un très fort intérêt pour les sciences, j’ai eu un parcours scolaire plutôt orienté vers la littérature et les langues étrangères. En effet, j’ai fait un baccalauréat général en section littéraire, suivi d’une licence en Langues Etrangères Appliquées (LEA), puis d’un master en Didactique des Langues Étrangères. Parallèlement, je n’ai cessé de m’auto-former dans les domaines de la neuropsychologie, des sciences de l’éducation et des neurosciences de manière plus générale. Dans ce contexte, en juillet 2018, j’ai décidé de faire une VAE pour pouvoir entrer dans une école doctorale et travailler dans un laboratoire de neurosciences et sciences cognitives, appliquées à l’éducation : le laboratoire COSA Luxembourg.

Comment en êtes-vous arrivée à vous engager dans un doctorat en neuroéducation ? Pourquoi avez-vous choisi la voie des sciences cognitives et des neurosciences ?

J’ai toujours été passionnée par le cerveau. Lorsque j’ai commencé à enseigner le Français Langue Étrangère, il y a une dizaine d’années, je me suis rapidement intéressée aux sciences cognitives et aux neurosciences, appliquées à l’éducation. En effet, en tant qu’enseignante et formatrice, il me tenait à cœur de comprendre comment mes étudiants apprenaient pour pouvoir mieux les aider dans leur formation.
Faire un doctorat en neuroéducation s’inscrivait donc dans la suite logique de mon travail et de ma curiosité dans ce domaine.

Quel regard portiez-vous enfant/adolescente sur l’enseignement des sciences à l’école ?

Globalement, j’avais la sensation que l’enseignement des sciences à l’école était assez restreint et redondant. En effet, j’avais l’impression de revoir les mêmes notions chaque année. Je trouvais également qu’il n’était ni assez diversifié, ni concret. Grâce à mes après-midis passés à la bibliothèque municipale, j’ai pu assouvir ma curiosité avec les encyclopédies et les ouvrages scientifiques pour adultes en rayon. Enfant et adolescente, j’aurais adoré pouvoir faire partie d’un club de sciences ou d’un programme éducatif, tel que Savanturiers – École de la recherche.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos travaux de recherche ? Quel est le but de votre recherche ?

Mes travaux de recherche portent sur l’activité neuronale des adultes à haut potentiel intellectuel (HP), et ce dans le cadre d’une stimulation visuelle. Pour ce faire, j’utilise l’électroencéphalographie (EEG), couplée à la stimulation visuelle périodique rapide (FPVS en anglais). Concrètement, les sujets sont exposés devant un écran d’ordinateur, où nous faisons défiler de manière très rapide et aléatoire différentes catégories de stimuli visuels avec des intrus. Par exemple, dans la catégorie des mots, nous avons inséré des non-mots.

Le but de cette recherche est double. Tout d’abord, nous cherchons à déterminer si les sujets à haut potentiel (surdoués) détectent visuellement 3 catégories suivantes (mots, symboles et visages) plus rapidement que le groupe contrôle. Ensuite, nous voulons savoir s’il existe des différences de latérisation des réponses neuronales entre le groupe des HP et le groupe contrôle. Autrement dit, nous voulons savoir s’il y a une différence d’activation neuronale dans l’hémisphère droit ou gauche. Ce qui indiquerait que les HP utilisent leurs cerveaux différemment.

1/Matériel, 2/ Testing EEG FPVS, 3/ Tracé neuronal des participants – Photos prises au Laboratoire COSA

Vous parrainez scientifiquement la classe de seconde de Gwenaël Cassel du lycée Camille Demoulin à Le Cateau-Cambrésis (59) dans le cadre d’un projet Savanturiers du Cerveau.

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans le dispositif Savanturiers - École de la recherche ?

J’ai décidé de me lancer dans ce dispositif pour deux raisons :

  • Premièrement, lorsque j’étais enseignante, j’ai suivi avec grand intérêt le MOOC Éducation par la recherche : neurosciences à l’École II. Donc, devenir mentor pour ce projet était une continuité de mon intérêt et une chance de voir l’envers du décor.
  • Deuxièmement, je tenais à faire partager ma passion des sciences et plus précisément en neuroéducation avec des lycéens.

En quoi consiste votre rôle de mentor ? Comment interagissez-vous avec l’enseignant et les élèves ?

Mon rôle de mentor consiste à superviser scientifiquement le projet de l’enseignant et des élèves, et ce durant une quinzaine à une vingtaine d’heures réparties sur une année scolaire.
Concrètement, je les guide à distance dans leurs réflexions en leur conseillant des outils, des ressources et une bibliographie scientifiquement valables. J’interagis avec eux pour le moment par email. Une visioconférence est prévue prochainement.

Quel impact cette relation a-t-elle sur votre métier de chercheuse ?

Cette relation a un impact très positif sur mon métier de chercheuse, dans le sens où elle me permet de renforcer des compétences de supervision d’un projet scientifique.

Est-ce que cette approche pédagogique de démarche de recherche en classe vous a fait changer votre regard sur l’enseignement des sciences à l’école ?

Oui totalement. Je trouve fabuleux que des élèves, dès le plus jeune âge, puissent travailler avec des chercheurs : pour comprendre la recherche, pour développer leur curiosité et pour renforcer leur sens critique. Et peut-être même faire naître des vocations ?

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