Les saventuriers, l'école de la recherche

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15 décembre 2020 | En classe, Recherche

Rencontre avec Aristoteles Camillo

Mathématicien et fraîchement diplômé d’un Master en sciences de l’apprentissage, Aristoteles Camillo revient pour nous sur son parcours, sa recherche et son rôle de mentor.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours académique ? Comment en êtes-vous arrivé à vous engager dans des études scientifiques ?

Je suis né à Rio de Janeiro et jusqu’au bac j’ai été scolarisé au Brésil. En 6ème, je me souviens avoir cherché à résoudre un problème de mathématiques pendant 2 semaines jusqu’à trouver la solution. Cela a été comme une révélation pour moi. À partir de ce moment, mon intérêt et mon implication dans les maths n’ont cessé de grandir. J’ai ainsi eu la chance de participer aux Olympiades brésiliennes de mathématiques et même de gagner une médaille d’or en 2007 !

Avec passion, persévérance et pratique, les portes des carrières scientifiques se sont ouvertes à moi. À l’époque, je ne savais pas du tout à quoi ressemblait la vie d’un mathématicien, ma seule référence était le personnage du film “Un homme d’exception” et pourtant je voulais en devenir un.

Je suis arrivé en France en 2008 où j’ai intégré une filière internationale à l’INSA de Lyon. Ces deux années de prépa m’ont fait comprendre que je voulais me dédier exclusivement aux maths et avoir le temps de vraiment m’émerveiller face à ses énigmes et à la capacité humaine de parvenir à les résoudre. J’ai donc poursuivi mes études à Paris où j’ai obtenu une licence et un master de mathématiques appliquées à la médecine et à la biologie.

Pourquoi vous diriger maintenant vers l’éducation et les nouvelles technologies ?

Quatre 4 ans après mon master, j’ai décidé de me lancer dans un autre master, cette fois-ci, dans les sciences de l’apprentissage. J’ai ainsi intégré le parcours Learning Sciences du Master AIRE du CRI, qui répond aux questions que je me suis posées tout au long de ma formation et de mes expériences en tant que professeur particulier.

Quel regard portiez-vous enfant/adolescent sur l’enseignement des sciences à l’école ?

Je me souviens d’avoir été fasciné par ce qu’on nous enseignait à l’école et au lycée : le corps humain et l’astronomie étaient mes sujets préférés. En revanche, j’étais frustré de ne pouvoir mener aucune expérience dans ces cours.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos travaux de recherche ? Quel est le but de votre recherche ?

Pendant mon master, j’ai travaillé avec Sébastien Goudeau, maître de conférences en Psychologie Sociale à Poitiers, dans le but de comprendre l’impact du genre et de la classe sociale dans l’apprentissage des mathématiques chez les enfants de 5/6 ans.

Cette recherche a pour but de nous aider à mieux comprendre comment opère la reproduction sociale à différents niveaux du système scolaire. Nous espérons apporter de nouveaux éléments de réflexion qui plus tard permettront la création de politiques publiques plus efficaces.

Vous avez accompagné pendant un an des élèves de 3e de Seine-Saint-Denis dans le cadre du projet The Schools Challenge.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le dispositif Savanturiers - École de la recherche ?

Mentorer un groupe d’élèves au sein du dispositif Savanturiers me donnait l’opportunité de mettre en commun les connaissances et expériences dans la recherche en mathématiques ainsi que ma nouvelle formation liée à l’apprentissage.

En quoi consiste votre rôle de mentor ? Comment interagissez-vous avec l’enseignant et les élèves ?

Mon rôle de mentor dans le cadre du projet Schools Challenge était d’être non seulement la référence et le garant de la démarche scientifique que nous avions entrepris ensemble mais aussi et surtout un catalyseur de leurs idées et motivations.

Les enseignants de cette classe nous ont fait entièrement confiance et nous ont assistés tout au long du Challenge. Nous avons eu l’occasion de les rencontrer en amont du lancement du projet ce qui nous a permis de mieux cerner la classe et décider de nos modalités d’échange. Tout au long du projet nous avons échangé par email et nous avons discuté, quelques fois, après la rencontre avec les élèves.

Quel impact cette relation a-t-elle sur vos pratiques professionnelles ?

Le contact avec ces élèves a directement impacté mon éthique de travail. Ceux qui parfois sont mes objets d’études, dans le projet Schools Challenge, ont gagné un prénom, une personnalité, des frustrations et des rêves. Mon travail a repris sens et je me suis senti encore plus motivé pour faire avancer la recherche dans le domaine de l’éducation.

Est-ce que cette approche pédagogique de démarche de recherche en classe vous a fait changer votre regard sur l’enseignement des sciences à l’école ?

Je ne dirais pas qu’elle a changé mon regard sur l’enseignement des sciences à l’école mais je dirais que cette expérience est venue confirmer le pouvoir transformateur et formateur d’une pédagogie basée sur l’autonomie, la coopération et l’esprit critique, des ingrédients d’une pédagogie animée par les paradigmes de la recherche.


Toute l’équipe Savanturiers remercie Aristoteles pour le temps consacré à cet entretien !

The Schools Challenge : le film

Retrouvez Aristoteles dans le film qui retrace le travail mené par 48 élèves de deux collèges de Seine-Saint-Denis au cours de l’année scolaire 2019/2020.

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