Les saventuriers, l'école de la recherche

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16 mars 2021 | Autour de l'école et loisirs, En classe

Rencontre avec Débora Sanhueza Garcia

Quelle est votre formation ?

Doctorante en Sciences de l’Education de l’Université Paris 8. J’avais conservé de mes premières années de formation universitaires au Chili, un intérêt important sur la question des inégalités éducatives. Ainsi, mon engagement pour ce sujet se développe à travers mes dix années d’expérience professionnelle, notamment dans le domaine de l’éducation de la petite enfance et des collèges, où j’ai été confronté aux problématiques de la ségrégation et du décrochage scolaire.

J’ai décidé de venir en France en 2017, pour développer une expertise qui me permettrait d’apporter des réponses actuelles aux nouvelles problématiques éducatives. Actuellement, je prépare une thèse sociologique sur la mise en œuvre des politiques autours des « Cités éducatives » face à la crise de la pandémie COVID-19.

Pourquoi avez-vous choisi d’être intervenante périscolaire pour les Savanturiers?

J’ai choisi de devenir intervenante car il me semble qu’utiliser des « techniques de la recherche » comme ressource pédagogique en classe est une stratégie innovante. Il me semble que c’est un dispositif qui permet de valoriser l’imagination et la créativité des enfants. Le projet Savanturiers est une passerelle vers l’exploration, que les enfants choisissent en fonction de leurs propres intérêts.
Il rapproche également la science aux enfants dès l’école primaire, afin d’accéder plus équitablement aux garçons et aux filles, contribuant ainsi à réduire les écarts de genre.

Quelle était votre propre expérience des sciences à l’école ?

J’ai eu la chance d’avoir de très bons enseignant.e.s à l’école, qui ont toujours promu ma créativité et m’ont permis de me développer dans d’autres domaines plus ludiques de l’éducation. Depuis toute petite, je me souviens avoir un intérêt particulier pour les sciences sociales, en particulier l’anthropologie.
Le premier livre de sciences sociales que j’ai lu était « Madres y huachos » de Sonia Montecino, qui est une radiographie des peuples latino-américains, et qui a profondément marqué mon intérêt pour la recherche. Je viens également d’une famille de nombreux enseignant.e.s qui, depuis mon plus jeune âge, m’ont raconté des histoires très fascinantes sur la culture du monde, ce qui a renforcé ma passion pour la science.

Est-ce que votre approche des sciences a changé avec votre pratique des ateliers ?

Tout le temps, c’est un processus constant d’adaptation et de changement. Tous les enfants sont différents, donc les ateliers changent. Je pense qu’avant il y avait un regard plus rigide et plus classique sur la recherche, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
Cependant, penser la recherche comme une ressource pédagogique, c’est inviter les enfants à apprendre par le jeu, c’est un processus de découverte, d’une merveilleuse exploration et, je crois que cette approche n’a jamais changé en moi, j’ai toujours cru que la science était une chose fascinante.

En quoi consiste votre posture d’intervenante périscolaire?

Mon rôle est de générer des activités innovantes et attractives pour les enfants. J’essaye, via mes ateliers de valoriser la créativité et l’imagination des enfants. Je génère différentes activités pour qu’ils/elles choisissent et jouent à l’exploration. Ma position est qu’à travers des activités dynamiques ils/elles abordent le processus de recherche, mais aussi, qu’ils/elles accèdent à un savoir culturel différent, plus éloigné ou qu’ils ne connaissent pas.

Quelle est la thématique des ateliers que vous mettez en place ?

L’atelier que j’ai fait s’appelle « Un voyage à Rapa Nui », l’objectif est de jouer à être des explorateurs sur l’île de Pâques et de développer une enquête qui vise à découvrir quelques secrets sur la construction des Moais. À travers cet espace, j’essaye également que les enfants apprennent la culture de l’île, les traditions, la langue et son histoire.

Quels types d’activités mettez-vous en place avec les enfants et quelles sont les activités qui leur plaisent le plus ?

Pour moi, l’utilisation de l’espace dans la salle est très importante, j’essaie donc de développer des activités qui permettent aux enfants de se déplacer librement. Chaque garçon ou fille à son cahier de l’exploration, avec sa carte de membre de l’institut d’anthropologie.
Ce cahier est une ressource importante, car ils/elles y prennent des notes et enregistrent le vocabulaire Rapa, conservent des photos, des cartes, etc. Une activité que j’aime beaucoup faire avec eux, est la collecte de données, où je développe différents terrains de recherche (regroupés en archéologie de l’île, langue, traditions, etc.), installés dans différentes points de la salle. Chaque élève avec son cahier doit faire le circuit, explorer les terrains et prendre des notes. Après cela, ils/elles doivent analyser les données et faire un exposé. Pour l’exposé, nous utilisons différents matériaux, du papier au tableau de la salle. Je pense que la promotion de la participation est importante.

En savoir plus ...

La véritable Histoire de l’île de Pâques avec Nicolas Cauwe, Le Temps d’un bivouac, France Inter

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