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14 septembre 2018 | Péri et extra scolaire

Rencontre avec Iro Bartzia

Docteure en informatique, Iro développe et anime des ateliers de recherche en cryptographie, dans le cadre des temps d’activités périscolaires (TAP) de la Mairie de Paris. Elle enseigne également les mathématiques pour les mineurs isolés étrangers. Par l’intermédiaire des Savanturiers, elle est intervenue, en avril 2018, lors du séminaire de recherche du laboratoire LINE en avril 2018, organisé par Margarida Romero et Cindy de Smet à Nice.

3 activités enrichissantes qu’Iro nous présente aujourd’hui.

Mon intervention lors du séminaire de recherche du Laboratoire LINE

Le 16 avril dernier, j’ai eu le plaisir de participer par l’intermédiaire des Savanturiers, au séminaire de recherche du laboratoire LINE, organisé par Margarida Romero et Cindy de Smet à Nice. Les sujets présentés par les intervenants variaient entre théorie et pratique des sciences d’éducation.

Lors de mes différentes expériences d’enseignement des mathématiques, certaines problématiques étaient récurrentes :

  1. L’erreur ne fait pas partie de l’apprentissage. Par exemple, quand je pose une question à un élève (dont il ne connaît pas la réponse en avance), il refuse d’essayer de répondre parce qu’il/elle a peur de faire une erreur. C’est vrai que depuis que nous sommes petits, on apprend qu’il ne faut pas faire d’erreurs à l’école, sinon c’est la sanction : soit par la note, soit par l’impression de méconnaissance face à l’enseignant et aux autres élèves. Ceci est un problème général du système scolaire mais il est particulièrement manifeste en mathématiques où quelqu’un peut ou ne peut pas résoudre le problème donné.
  2. Les élèves développent des blocages sur la terminologie et le symbolisme mathématique.
  3. Il existe plusieurs stéréotypes concernant l’apprentissage des mathématiques : « Les garçons sont plus fort en mathématiques que les filles », ou encore « Quand on étudie les mathématiques, il faut juste suivre les formules même si on ne les comprend pas »

Pour remédier à ces problématiques, on peut utiliser des méthodes plus ludiques. Dans mon exposé, j’ai décrit comment j’essaie d’utiliser ces méthodes pendant les ateliers TAP de cryptographie pour les Savanturiers et les cours des mathématiques pour les mineurs isolés étrangers à Paris d’Exil.

Mon expérience au sein des TAP Savanturiers

Les objectifs des ateliers TAP pour les Savanturiers sont à la fois la découverte d’un champ scientifique, mais aussi l’initiation à la méthode, l’éthique et les enjeux de la recherche scientifique dans un cadre ludique.

Dans mon cas, le champ scientifique est la cryptographie qui est une science naturellement énigmatique, mystérieuse et donc ludique ! La cryptographie est la discipline s’attachant à protéger des messages (assurant confidentialité, authenticité et intégrité) en s’aidant souvent de secrets ou clés. À l’origine, elle était utilisée par les militaires et les espions mais à présent on l’utilise tous, plusieurs fois par jour (cartes bancaires, carte navigo, connexion internet, etc). Ainsi, pour protéger un message, on utilise des algorithmes mathématiques qui sont traduits en programmes pour les ordinateurs. Lors de mes ateliers, nous avons pu comprendre, à travers une activité ludique, le déchiffrement et la manipulation du code Pigpen. Cette activité permet d’aborder certaines notions mathématiques générales (comme les fonctions bijectives) et amène les enfants à inventer leur propre code.

Mon expérience auprès des mineurs isolés étrangers

Les mineurs isolés étrangers (MIE) sont des mineurs qui sont arrivés en France sans membre majeur de leur famille. Ces mineurs ne relèvent pas du droit d’asile mais de la protection de l’enfance. En théorie, l’état prend en charge directement leur hébergement et scolarisation mais en pratique, ils doivent d’abord passer par un procédure juridique pour être reconnus mineurs par la justice, qui dure entre 2 mois et 2 ans. Et pendant cette période, ils se trouvent dans la rue sans moyen ni statut légal. Le pôle MIE de Paris d’Exil organise des hébergements solidaires, des suivis juridiques, des accompagnements santé et des cours de langue, d’histoire-géo et des mathématiques, dont je suis responsable. Ces cours présentent des difficultés particulières : les élèves n’ont pas le même niveau, les séances doivent être indépendantes parce que l’assiduité n’est pas assurée, et à cause de leur vie difficile, les élèves sont parfois très fatigués et peu concentrés.

Les objectifs de ces cours sont multiples : apprendre certaines notions de base en mathématiques, s’initier au raisonnement, langage et terminologie scientifique, devenir indépendants dans l’apprentissage, créer des liens entre eux et s’amuser !!! Ainsi, j’utilise des énigmes, des jeux et la résolution de problème. Par exemple, j’ai pu utiliser avec eux la résolution d’un problème de combinatoire. Ce problème, permet aux élèves de découvrir les représentations graphiques, la pensée algorithmique, de travailler en équipe et de s’amuser.

Dans les deux cas (Savanturiers et MIE), en utilisant des activités ludiques pour des publics très différents, les enfants abordent le raisonnement scientifique en s’amusant, ils s’entraident et deviennent de plus en plus confiants, analysent leurs erreurs pour arriver au résultat final.

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